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Photographie du réseau des MJC concernant l’écocitoyenneté


L’éducation populaire reconnaît à chacun la volonté et la capacité de progresser et de se développer. La FDMJC a choisi l’écocitoyenneté comme étant une ligne éducative prioritaire. Avant de la mettre en œuvre, il a fallu au préalable effectuer un travail d’investigations, un état des lieux de l’écocitoyenneté dans les MJC de Moselle. Un questionnaire a servi de canevas pour cerner l’état des connaissances et les prises en compte des problématiques environnementales dans les maisons. Plusieurs entrevues ont été menées avec des salariés et des bénévoles, notamment avec les MJC suivantes : Rangueveaux – Richemont – Hayange – Marspich – Saint-Avold – Woippy – MCL Saint-Marcel – Dieuze – Morhange – Collectif Périscolaire messin (MJC des Quatre-Bornes et de Borny – MAS – AMIs Patrotte).

Ce panel a permis d’identifier les principales motivations, et a également permis de soulever les freins rencontrés, réels ou ressentis, face à l’adoption d’actions prenant en compte la dimension écologique. La connaissance de ces raisons et de ces causes est la condition nécessaire pour amorcer une sensibilisation et des interventions en matière environnementale. On peut souligner que, généralement, les personnes rencontrées reconnaissaient se sentir investies de cette mission auprès des jeunes, à tel point qu’elles culpabilisaient quelque peu lorsqu’elles ne savaient pas répondre à une des questions posées.

A travers les listes suivantes, nous constatons que les facilitateurs et les obstacles sont de différents ordres et peuvent parfois même se contredire d’une maison à une autre. Notons qu’il s’agit d’éléments scientifiques, matériels, économiques, culturels, motivationnels et moraux.

Les motivations :

  • Conviction personnelle : le cheminement personnel est pour beaucoup dans la prise d’initiatives et dans l’engagement profond de chacun.
  • L’aspect culturel : cette motivation a trait aux habitudes et au mode de vie découlant de l’éducation qu’elle soit scolaire, familiale ou religieuse, etc.
  • Obligation envers la planète : beaucoup sont conscients que l’on n’est pas seulement de passage sur Terre et qu’il faut en prendre soin
  • Soucieux de faire des économies, ce qui se traduit principalement par de la récupération
  • Soucieux de sa santé  : le rapport au corps est immédiat d’où le désir de manger sain.

Les freins :

  • Le manque de temps
  • C’est fastidieux  : notamment pour le tri, qu’est ce qui se trie ou pas
  • C’est encombrant  : trois poubelles, ça prend vraiment trop de place
  • Être néophyte  : il faudrait une personne ressource qui est spécialisé dans le domaine de l’environnement, c’est un sujet qu’il faut maîtriser
  • Mal informé et incompréhension  : ce n’est pas assez vulgarisé, trop de termes techniques
  • Le consumérisme  : on vit dans une société de consommation, où le credo est « Tout, tout de suite », il est donc difficile de renoncer à ce confort. Au sein même des MJC, les adhérents sont perçus comme consommateurs d’activités.
  • Souhait d’un travail de cohésion, de synergie dans l’équipe : souvent le projet n’est porté que par une seule personne
  • L’écologie est un luxe et n’est donc pas une priorité
  • La situation n’est pas si grave, pas d’impact à l’heure actuelle
  • De toute façon c’est trop tard : on ne peut plus revenir en arrière, les dégâts sont beaucoup trop importants
  • C’est couteux  : tout le monde ne peut pas se permettre d’acheter du bio, de l’écolo.

Le sentiment d’impuissance

  • Incohérence dans les décisions politiques
  • Pas de prise de conscience politique au niveau écologique car les autorités sont obnubilées par la crise économique
  • Une goutte d’eau dans l’océan : à moi seul je n’y peux rien, je ne peux pas me faire entendre
  • Démission des parents : l’éducation s’arrête aux portes de la MJC, ce qui ne sert donc à rien.

Ainsi ce constat dressé, il ne s’agit pas de partir de l’hypothèse que les personnes rencontrées soient « imparfaites », au sens où elles ignoreraient le devoir de préservation de l’environnement. Mais au contraire, il faut plutôt partir de l’hypothèse que la plupart d’entre elles seraient prêtes à agir dans le respect de l’environnement naturel si certains obstacles qui les en empêchent étaient écartés. Mon souhait est d’explorer avec vous les capacités de chacun, du citoyen lambda au citoyen plus éclairé. J’entends par là, permettre pratiquement à chacun d’agir à son niveau, que ce soit en termes d’actions ou à minima en termes de réflexion. Nous ne sommes pas là pour discuter des heures à un changement brutal, mais notre présence se traduit par un accompagnement, une disponibilité pour se pencher ensemble sur l’écocitoyenneté.

Zahra Ouassou

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